La saison de pêche en réservoir approche.
Avec la baisse progressive des températures, les cannes ressortent et les boîtes commencent à se remplir de chironomes, nymphes, streamers et autres modèles spécialement destinés aux eaux calmes.
Mais lorsqu’on débute en réservoir, une question revient très souvent :
Quelles mouches faut-il utiliser pour pêcher la truite en réservoir ?
La réponse est moins simple qu’une liste de cinq modèles incontournables.
En réservoir, la bonne mouche est importante.
Mais sa profondeur, sa vitesse de récupération et la manière dont elle est présentée le sont tout autant.
Une excellente mouche qui passe deux mètres au-dessus des poissons ne prendra probablement rien.
Avant de chercher la mouche miracle, il faut donc commencer par chercher les truites.
Comprendre la pêche à la mouche en réservoir
Une rivière nous donne énormément d’informations.
Les courants, les veines d’eau, les obstacles, les bordures ou les changements de profondeur permettent d’imaginer assez facilement où une truite peut se positionner.
En réservoir, tout semble beaucoup plus uniforme.
Pourtant, les poissons ne se répartissent pas au hasard.
Ils peuvent suivre une bordure, stationner près d’une cassure, évoluer au-dessus d’un herbier ou simplement se déplacer dans une couche d’eau correspondant à leur zone de confort et à celle où se trouve leur nourriture.
C’est pourquoi la première question à se poser n’est pas :
Quelle mouche vais-je mettre ?
Mais plutôt :
Où sont les poissons ?
Trouver la bonne profondeur
C’est probablement l’une des clés les plus importantes de la pêche en réservoir.
Un poisson qui évolue à cinquante centimètres sous la surface ne se pêche évidemment pas comme un poisson installé à quatre mètres.
Lorsque aucune activité n’est visible, il faut prospecter.
Une méthode très simple consiste à utiliser un compte à rebours.
Après le lancer, laissez votre mouche descendre pendant quelques secondes avant de commencer la récupération.
Par exemple :
5 secondes.
Puis 10.
Puis 15.
Puis 20.
Lorsqu’une touche survient, retenez le temps de descente.
Vous venez peut-être de trouver la couche dans laquelle évoluent les poissons.
Ce principe tout simple est souvent beaucoup plus efficace que de changer de mouche toutes les cinq minutes.
Quelle soie utiliser pour pêcher en réservoir ?
Le choix de la soie permet justement d’explorer ces différentes profondeurs.
La soie flottante:
Elle ne sert pas uniquement à pêcher en sèche.
Une soie flottante permet également de présenter des chironomes, des petites nymphes ou des imitations évoluant juste sous la surface.
Elle devient particulièrement intéressante lorsque les poissons sont actifs dans les couches supérieures.
La soie intermédiaire:
C’est probablement l’une des soies les plus polyvalentes pour commencer la pêche en réservoir.
Elle descend progressivement et permet de maintenir un streamer ou une nymphe dans une couche d’eau déterminée.
Elle convient parfaitement à une prospection méthodique.
Les soies plongeantes:
Lorsque les poissons descendent davantage, une soie plongeante permet d’atteindre rapidement les couches profondes.
Il existe plusieurs vitesses de plongée.
L’objectif n’est donc pas simplement de posséder « une soie qui coule », mais de pouvoir adapter la vitesse de descente à la profondeur recherchée.
Les chironomes : incontournables en réservoir
S’il ne fallait retenir qu’une famille d’insectes pour comprendre la pêche en eau calme, les chironomes seraient certainement parmi les premiers.
Leurs larves et pupes constituent une nourriture extrêmement intéressante pour les truites.
Noir, olive, rouge sombre, brun…
Les coloris peuvent varier, mais les silhouettes relativement fines restent souvent très efficaces.
Le chironome peut être présenté presque immobile, récupéré extrêmement lentement ou utilisé en équipe lorsque la réglementation du réservoir l’autorise.
Et c’est justement là que beaucoup de pêcheurs doivent apprendre à ralentir.
Une mouche n’a pas besoin de traverser le réservoir à toute vitesse pour être attractive.
Les nymphes : ne les réservez pas aux rivières
La nymphe possède évidemment toute sa place en réservoir.
Des modèles relativement naturels permettent de prospecter lorsque les poissons se nourrissent réellement plutôt que lorsqu’ils réagissent simplement à l’agressivité d’un leurre.
Des nymphes sombres, olive, brunes ou légèrement brillantes peuvent être particulièrement intéressantes.
La récupération peut être lente, entrecoupée de pauses.
Parfois, c’est précisément pendant cette pause que survient la touche.
Les streamers : chercher les poissons
Le streamer est probablement l’une des images les plus associées à la pêche en réservoir.
Et pour cause : il permet de couvrir beaucoup de terrain.
Les modèles noirs offrent une silhouette extrêmement marquée.
Les blancs et argentés peuvent évoquer un petit poisson.
Les orange, roses ou chartreuse jouent davantage sur l’agressivité et la curiosité.
Mais là encore, le choix de la couleur n’est qu’une partie de l’équation.
Avant de changer de streamer, essayez de modifier votre récupération.
Rapide.
Lente.
Longues tirées.
Petites impulsions.
Pauses.
Une simple modification du rythme peut déclencher des poissons qui ignoraient totalement la même mouche quelques minutes auparavant.
Le Blob : imitation de quoi exactement ?
Voilà probablement une mouche qui déroute beaucoup de pêcheurs lorsqu’ils découvrent le réservoir.
Le Blob ne cherche pas nécessairement à reproduire fidèlement un insecte précis.
C’est avant tout une mouche très attractive.
Ses couleurs et son volume peuvent provoquer une réaction chez les poissons.
Elle peut être redoutable certains jours et totalement ignorée le lendemain.
C’est aussi ce qui rend la pêche en réservoir intéressante : il n’existe pas une recette valable dans toutes les situations.
Et la pêche en sèche ?
Réservoir ne signifie absolument pas streamer toute la journée.
Lorsque les conditions s’y prêtent, la pêche en sèche peut devenir passionnante.
Des poissons peuvent venir prendre des insectes en surface, patrouiller près des bordures ou se concentrer sur une émergence.
Observer devient alors essentiel.
Une petite sèche correctement présentée à un poisson en maraude procure une pêche complètement différente de la prospection au streamer.
Et souvent beaucoup plus subtile qu’on ne l’imagine.
Quelle couleur de mouche choisir ?
C’est probablement l’une des questions auxquelles il est le plus difficile de donner une réponse absolue.
La luminosité, la couleur de l’eau, la profondeur, la nourriture présente et surtout l’humeur des poissons peuvent tout changer.
Il est néanmoins intéressant d’avoir dans sa boîte deux grandes familles.
Des modèles relativement naturels : noir, brun, olive, crème…
Et quelques modèles franchement attractifs : orange, rose, chartreuse ou avec des touches brillantes.
Cela permet de passer d’une logique d’imitation à une logique de déclenchement.
L’erreur classique : changer constamment de mouche
Lorsque rien ne se passe, le premier réflexe consiste souvent à ouvrir la boîte.
Noire.
Puis orange.
Puis rose.
Puis une nymphe.
Puis un streamer.
Puis autre chose…
Et finalement, on ne sait plus vraiment ce que l’on cherche.
Avant de changer de modèle, essayez plutôt de modifier une seule variable à la fois.
La profondeur.
Puis la vitesse.
Puis l’animation.
Et seulement ensuite la mouche.
Cette méthode permet de comprendre ce qui a réellement déclenché la touche.
Une boîte réservoir n’a pas besoin de contenir 200 modèles
Quelques familles correctement choisies permettent déjà de faire face à énormément de situations.
Des chironomes.
Quelques nymphes naturelles.
Des streamers sombres et clairs.
Quelques modèles très attractifs.
Des Blobs.
Et quelques sèches.
L’important est surtout de comprendre pourquoi vous choisissez une mouche et comment vous allez la faire pêcher.
C’est également cette logique que j’utilise lorsque je prépare les modèles réservoir de FishLikeAgirl.
Je préfère construire une gamme composée de mouches ayant chacune une véritable fonction plutôt que multiplier les références simplement pour remplir une boîte.
La meilleure mouche est celle qui pêche au bon endroit
On cherche souvent le modèle miracle.
Celui dont quelqu’un nous a assuré qu’il « prend partout ».
Il existe évidemment des mouches particulièrement efficaces, mais aucune ne remplace l’observation.
En réservoir, apprendre à trouver les poissons, déterminer leur profondeur et comprendre leur réaction à différentes animations fera probablement gagner davantage de poissons que de posséder cinquante modèles supplémentaires.
Alors, lorsque la saison va reprendre, préparez vos boîtes.
Mais préparez surtout votre stratégie.
Cherchez la profondeur.
Variez les vitesses.
Observez les poissons.
Et seulement ensuite, demandez-vous quelle mouche leur présenter.
C’est là que la pêche en réservoir devient vraiment intéressante.
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