Mon atelier au bout de vos soies.....
J’aime monter des mouches parce que c’est infini.
Il n’y a pas de point final, pas de modèle parfait à atteindre.
Il y a toujours une autre possibilité, une autre idée qui germe entre deux tours de soie.
Une couleur qu’on n’a jamais osé associer.
Une taille qu’on adapte à l’humeur du jour, à la rivière, à la lumière.
Un matériau trouvé par hasard, récupéré, détourné, qui prend soudain tout son sens une fois fixé sur l’hameçon.
Monter des mouches, c’est jouer avec l’infiniment petit pour dialoguer avec le vivant.
C’est comprendre que rien n’est figé : une même mouche peut exister en mille versions, selon la plume choisie, la finesse du fil, la densité du dubbing.
Chaque variation raconte autre chose.
Chaque détail compte.
C’est un espace de liberté totale.
On peut imiter, bien sûr, chercher le réalisme absolu. Ou au contraire inventer, provoquer, faire confiance à l’instinct.
Une mouche trop grosse, trop sombre, trop brillante… et pourtant, parfois, c’est celle-là que le poisson choisit.
J’aime ce moment suspendu où le temps ralentit.
Les gestes répétés, précis, presque méditatifs.
Les doigts qui apprennent, qui se trompent, qui recommencent.
Monter des mouches, c’est accepter que la perfection n’existe pas, et que c’est justement pour ça que c’est passionnant.
Parce qu’au fond, il y aura toujours une autre couleur à essayer.
Une autre taille à tester.
Un autre matériau à explorer.
Et donc, toujours une nouvelle mouche à monter......